Un bon copain radioamateur m’a envoyé un mail pour me donner son avis sur les récents évènements touchant le Ref-u, notamment le compte rendu du dernier CA :

« Je n’en ai retenu qu’une chose : le REF-Union ne pense qu’à lui !
Pas un paragraphe sur les radioamateurs français, ou alors juste pour envisager une légère augmentation de la cotisation, pas un paragraphe sur le radio-amateurisme, son présent et son avenir.

Pareil à lui-même le REF-Union vit sa petite vie étriquée, avec lenteur et obstination, gérée par 27 administrateurs qui ont des états d’âmes et se posent des questions sur le coût de la fontaine à eau installée au château (pas d’eau, hi…).

Sincèrement, vous croyez vraiment qu’ils ont besoin d’une fontaine à eau à je ne sais plus combien d’euros par an alors qu’un beau frigo presque tout neuf peut être trouvé tous les jours d’occasion sur le site du « Bon Coin » pour quelques dizaines d’euros et qu’une ou deux palettes de Cristalline doivent coûter à peine plus qu’un mois de location de leur bidule pour cadres oisifs…

J’ai aussi vu le déplacement pour la réunion de l’IARU, la tentative de cumul de mandats par F5HX (DNU et DRU), les mesquineries comptables, etc, etc.  Pfffft….  🙁 » 

De fait, si on prend un peu de recul et qu’on se met à observer nos amis à la manière de l’entomologiste qui, armé de sa loupe, surveille un nid de frelons, le moins qu’on puisse dire est qu’on n’est pas déçu ! Premier constat, si tous les nids de frelons fonctionnaient comme le Ref-u, on ne courrait aucun risque à pique-niquer avec force produits sucrés à proximité : les insectes sont tellement occupés à se piquer les uns les autres qu’ils en ont oublié que le monde extérieur – peuplé d’abeilles communiquantes grâce à leurs antennes- existe !

Deuxième constat, il est difficile de discerner le roi dans le nid. Des soldats, oui, on voit d’ailleurs beaucoup armés de dards bien affûtés brandis à longueur de réunion. Heureusement que  les piqures sont assez rarement mortelles… Des ouvriers, par contre, notre entomologiste n’en voit aucun, les frelons ne semblant pas vraiment bosser dans le nid (ce qui me conforte dans l’idée communément répandue que les frelons sont une espèce franchement nuisible !).

Notre entomologiste a noté dans son carnet d’observations que l’essentiel de l’activité de nombre de frelons se limite à tenter de prendre la place d’un roi dont le pouvoir a d’entrée été vacillant. Comme cette prise de pouvoir n’est pas évidente malgré tout, les frelons comploteurs essayent d’accumuler du miel pour renforcer leur statut et se retrouver en position de force le moment venu. La dernière manœuvre en date d’un frelon bien connu à été de tenter de cumuler les rôles de vice roi de la ruche ainsi que roi d’une assemblée de micro-ruches locales. Notre roi en charge du nid s’est aperçu de la manœuvre et s’est défendu comme il le pouvait, avec un certain succès d’ailleurs, mais ce n’est hélas que partie remise et les prochaines attaques ne vont certainement pas tarder. Et comme si ça ne suffisait pas, notre roi doit aussi surveiller l’activisme de guêpes (et oui, il y en a aussi dans le nid, peu mais il y en a !) qui ne sont pas moins dangereuses que les frelons. L’une d’elle fût d’ailleurs reine quelques temps auparavant ce qui est assez méritoire  quand on sait que le nid est à dominante historique mâle. Une autre guêpe particulièrement active sait qu’elle ne pourra franchement pas devenir reine car le miel qu’elle rapporte au nid est d’assez mauvaise qualité (beaucoup trop de fiel) car produit dans un micro-nid local mal exposé. Ne pouvant donc objectivement parvenir au sommet, notre guêpe consacre toute son activité à emmièler le roi en place… et promouvoir en parallèle son propre micro-nid qui se porte d’ailleurs assez mal.

Cette société est, d’un point de vue scientifique et quoi qu’on en pense, bien intéressante à observer même si la question de son utilité sociale reste posée par toute les abeilles communiquantes qui gravitent autour. Surtout, il subsiste de nombreuses énigmes que notre entomologiste n’a pas encore résolues. Par exemple, que signifie la présence d’un bourdon méridional dans ce nid de frelons ? Le frelon économe sert-il à quelque chose dans la gestion du stock de miel ? Les guêpes prendront-elles le pouvoir un jour ? L’apiculteur de la capitale gère-t-il encore quelque chose ? Le nid peut-il enrayer le déclin des abeilles communicantes ?

En un mot comme en cent, être le roi du nid n’est pas vraiment une place enviable : des années de manœuvres pour y arriver puis des années de combats acharnés pour s’y maintenir. Quel frelon sain d’esprit voudrait de ça ? Et pendant ce temps, les abeilles communiquantes butinent les ondes comme elles l’ont toujours fait : avec passion.