Je ne vous l’ai pas caché, mon Petit doigt est devenu muet depuis quelques temps. Dans l’absolu, ça n’est pas grave et, d’une certaine façon, je m’en moque un peu. Quand même, je ne peux pas m’empêcher de gamberger sur les conséquences de ce silence, d’autant qu’il semble s’appliquer aussi à d’autres sources d’information comme RA Online (exception faite du cas Charlie La Caisse évoqué plus loin).

A courte vue, cette « reprise en main » des présidents d’ED par l’équipe dirigeante, peut sembler être une bonne chose. En effet,  pouvoir afficher le fait que la « taule » est désormais  bien tenue fait toujours bon effet dans le paysage. Reste le fait qu’il y a un gouffre entre le respect d’un nécessaire devoir de réserve et… un couvercle de plomb installé pour masquer au bon peuple l’étendue des turpitudes réelles ou supposées de l’association. Et quand on connaît un peu les us et coutumes des dirigeants du REF-u (toutes époques confondues),  on peut craindre que la chape remise en place soit essentiellement le moyen de masquer les kilos de linge sale qu’on va s’efforcer de laver en famille. Sourire de façade pour le bon peuple tandis que les couteaux sont en permanence sortis dans l’arrière boutique.

On peut prendre en exemple ce que je viens de lire sur Ra Online à propos de la possible éviction de Charlie La Caisse (des infos continuent donc à filtrer malgré tout ?). Règlement de compte ? Sanction fondée ? On n’en sait rien… Sans doute que, si cette éviction est avérée, nous dira-t-on que c’est pour « raison de santé » ou par « convenance personnelle » que notre ami Charlie a démissionné, mais je doute qu’on puisse se satisfaire d’un tel poncif ! Surtout quand on sait qu’une partie des problèmes du REF-u est liée au domaine financier…  Si je vais un peu plus loin, on pourrait aussi  légitimement s’interroger sur l’éviction d’un trésorier dont le leitmotiv affiché est de faire des économies pour assainir d’urgence une situation financière périlleuse. En l’absence d’informations « off », il ne serait pas déraisonnable d’imaginer – je pousse un peu – que Charlie est viré parce qu’il a mis en évidence des « magouilles » et autres « combines », ce qui a fortement déplu aux bénéficiaires des dites manipulations qui se sont arrangés pour pousser le trublion vers la sortie. Et pourquoi ne pas le penser après tout ?

Dans ce cas d’espèce, ce n’est sans doute pas de ça dont il s’agit, mais mon propos est juste de montrer que l’absence d’information « off » permet d’échafauder  les hypothèses les plus hardies.

A plus longue vue, si on observe ce qu’il s’est passé ces deux dernières années au Ref-u, que constate-t-on ? La floraison d’informations « off » publiées sur différents sites web a eu un effet direct et prépondérant sur l’évolution des mentalités. Le REF-u – ou plutôt ceux qui l’ont en charge – s’est mis à bouger, les vrais problèmes n’ont pas pu être planqués sous le tapis et il a bien fallu que les radioamateurs se mettent à regarder la vérité en face. Bien sûr, on ne sort pas une telle institution de sa confortable léthargie en deux coups de cuillère à pot…  mais des changements « culturels » sont un préalable nécessaire et nous étions sur cette dynamique. L’évolution était  inéluctable et commençait à se faire de façon concrète selon le principe « action / réaction » : des infos sortaient sur le net ? Les dirigeants du REF-u amorçaient une timide réponse. Et ainsi de suite.

C’est donc en grande partie grâce au « off » que les choses ont, ces deux dernières années, évoluées comme jamais, pas mal de caciques ayant enfin compris l’intérêt d’utiliser les medias à leur disposition. D’ailleurs, lorsque j’évoque cette utilisation des médias, je n’oublie pas de préciser qu’elle est à double sens et que la tentation de les « manipuler » est également assez  grande. Mais qu’importe, c’est la règle du jeu et il suffit  de le savoir pour ne pas s’égarer.

En attendant, on pouvait légitimement espérer que cette mécanique allait s’amplifier jusqu’à ce qu’émerge, enfin, un « new Ref » en phase avec le XXI eme siècle.  

Mais les vieilles habitudes ont la peau dure, et j’imagine que le retour du Corse aux affaires n’est pas pour rien dans ce qui apparaît comme, sinon un retour en arrière, au moins un coup d’arrêt au processus.

Mon propos n’est pas de susciter des vocations de « balance ». Je veux juste attirer l’attention sur le fait – généralement occulté – que le « off » n’a pas pour seul objet d’alimenter des blogs qualifiés de « poubelle », prétexte régulièrement avancé pour fustiger ceux qui parlent. Le « off » va bien au-delà de cet épiphénomène et constitue une sorte de moteur qui pousse les dirigeants du Ref-u à faire évoluer leur association. Pour faire une analogie radio, et si on admet que la gestion du REF-u est un « PA », on peut considérer que le « off » en est le driver… Dans cette configuration, quelle importance qu’une petite partie de l’énergie du driver aille alimenter un « roger beep » ? Ce qui compte, c’est la qualité du signal qui sera rayonné par l’antenne…

Ce silence récemment imposé est d’ailleurs d’autant plus dommageable si on considère la dernière initiative de Mister Jo consistant à communiquer directement avec « la base » via RA.org. Il ne peut s’agir d’une initiative individuelle – ce n’est pas le style de la boutique – et je m’interroge donc sur la mécanique sous jacente. Mister Jo n’a-t-il plus confiance dans ses équipes ? S’agit-il d’une simple  opération de com’ dont il ne sortira rien sinon apporter un léger vernis démocratique au fonctionnement associatif ? En l’absence de « off », on n’en sait rien. Et on peut donc supposer n’importe quoi…

J’ai dit que je trouvais que cette initiative était plutôt une bonne chose et je le maintiens. Mais il convient d’avoir présent à l’esprit que cette démarche pose, en creux, pas mal de questions auxquelles le « off » aurait permis d’apporter des éléments de réponse.

Pas de pouvoir sans contre pouvoir, nos élus politiques l’ont compris depuis longtemps… et savent s’en servir à l’occasion. Là encore je n’ai jamais changé d’optique : j’appréciais la présence d’Onlineradio dans le paysage et j’apprécie aujourd’hui la présence de RA Online. Avec tous leurs défauts (*) mais bon, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre…

(*) A cet égard, certains commentaires sont consternants et les modérateurs gagneraient en crédibilité en les caviardant.