Philippe Seguin est mort.

Pourquoi est-ce que je fais un post sur cette disparition alors que je ne suis pas, c’est connu, de droite ? Tout simplement parce que j’ai toujours apprécié cet homme, son charisme, ses coups de gueule, son humanité. Brillant orateur, on ne pouvait qu’être attentif lorsqu’il parlait, c’était un vrai bonheur.

Alors, je suis un peu triste car on ne le verra plus que dans les images d’archive. Je suis persuadé que c’était quelqu’un de bien, a fortiori si on le compare avec le reste de la classe politique, gauche / droite confondues. C’est quand même rageant de voir que ce putain d’adage se vérifie de nouveau : «  ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers ». J’avais d’ailleurs eu la même réaction lors de la disparition de Coluche…

Philippe Seguin, au delà de sa personne, était aussi un des derniers représentants de cette vieille classe politique qui savait mêler talent, visées politiques et humanisme. Pupille de la nation, il s’était hissé au plus haut niveau à la force de son intelligence. Contrairement à beaucoup qui ne sont à leur place que parce qu’ils sont nés avec une Rollex dans le fion.

Le paysage politique se désertifie en terme d’intelligence et d’humanisme, la place est de plus en plus libre pour les foutriquets combinards et sans scrupules. Bien sûr, Philippe Seguin s’est parfois planté dans ses choix, il a sans doute fait pas mal de conneries mais bon, il les assumait contrairement à beaucoup qui passent leur temps à cacher la merde au chat. Surtout, il avait la classe qui fait tout passer.

Au fait, peut-on se demander, pourquoi les meilleurs partent-ils donc en premier ? Est-ce une sanction divine ? En fait, je crois que c’est simplement parce qu’ils aiment tellement la vie qu’ils mangent, ils boivent, ils fument et ils baisent plus que de raison. Ils vont sans gardes du corps dans les stades de foot pour encourager leur équipe préférée, au cinéma avec leur femme (c’est d’ailleurs comme ça que Olaf Pälme s’est fait assassiner).

Pendant ce temps, les foutriquets font du régime, boivent de l’eau, se planquent dans des nids de milliardaires, font du footing et se font entourer de 500 CRS les rares fois où ils sont obligés de s’approcher du vulgus pecus.  Statistiquement ils vivent donc plus longtemps.

Une blague illustre d’ailleurs ce propos :

Un quinquagénaire va voir son toubib et lui dit :
-Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour vivre vieux ?

C’est pas compliqué, pas d’alcool, pas d’excès de nourriture, pas de sexe et pas de tabac !
-C’est pas une vie ça !

Ben non, c’est pas une vie…

En attendant, Monsieur Seguin est parti. Il ne reste plus que les chèvres.