Le courrier ci-dessous est en cours d’envoi direct auprès des 470 Refuthoniens :

Cher(e) Refuthonien(ne),

Le moins qu’on puisse dire est que le petit monde radioamateur français a connu en peu de temps une profonde mutation de son contexte : l’arrivée d’internet et son usage croissant ont en effet permis à la majorité silencieuse de s’exprimer, d’indiquer son accord ou son désaccord sur le traitement de notre activité par la tutelle, ainsi que sur le fonctionnement de l’association nationale REF-Union. Finie l’époque où tout se réglait dans le cercle restreint de quelques décideurs et où les « petits arrangements » entre amis se substituaient à un processus plus démocratique.

Fini tout ça ? Non, malheureusement, car le REF-Union reste presque totalement imperméable aux évènements qui lui sont extérieurs.

C’est pour cela que le REFUTHON est né fin janvier 2009 : manifester notre désaccord sur le mode de fonctionnement du REF-Union qui emmène la pratique du radio amateurisme en France dans le mur, et proposer des axes de réforme tout à fait concrets et réalisables ainsi qu’une promesse de soutien et participation en remerciement. Tout cela dans un esprit non polémique et sans arrière pensée.

Vous êtes nombreux à avoir rejoint ce collectif pour soutenir cette démarche. 476 au plus haut et 470 au final, ce qui est loin d’être négligeable face au nombre actuel des adhérents du REF-Union et de son évolution vers une décroissance.

Un site internet et un forum on été mis en place, des débats ont eu lieu et 5 axes principaux de réforme ont été mis en évidence.

Ainsi, le REFUTHON s’est penché sur le cas de Radio REF, sur celui de la démocratie directe (1 OM = 1 voix) ou encore sur la complexité de cette usine à gaz qu’est le REF-Union. Le cas de la reconnaissance d’utilité publique (RUP) a également fait l’objet de débats passionnés et passionnants qui ont montré combien cette « reconnaissance » était juridiquement mal comprise et mal utilisée, jusqu’à servir des intérêts inavoués, pour la seule gloire de l’Union.

Pendant ce temps, que s’est-il passé du côté de l’association nationale ?

L’ex présidente du REF-u a exercé deux mandats marqués par le sceau de la réforme, aidée en cela par un audit externe indépendant dont les conclusions se sont révélées fort proches de celles du REFUTHON. Cette ex présidente – dont on pense trop souvent qu’elle détenait le pouvoir absolu alors que c’est en fait le CA qui l’a entre les mains selon les statuts et le réglement intérieur – a dû faire face à un conseil d’administration qui pratique à merveille l’art du rétropédalage et l’analyse statutaire pointilliste. Elle a dû également faire face aux querelles d’égos ainsi qu’à la grogne des « barons régionaux et départementaux » qui n’acceptaient pas la remise en cause de la moindre de leurs prérogatives.

Pour être juste, il faut aussi reconnaître que l’ex-présidente n’a peut-être pas eu les bons comportements face à un conseil d’administration dont elle a sous-estimé le pouvoir d’inertie, voire même le pouvoir tout simplement. La franchise n’est pas toujours le bon moyen pour arriver à ses fins dans un groupe où la majorité est allergique à tout projet de changement d’importance et rompu à l’utilisation discrete de moyens dilatoires.

La majeure partie de l’énergie réformatrice apportée par une minorité active a été dissipée inutilement à combattre des résistances qui se sont avérées largement supérieures aux prévisions. L’ex-présidente a dû batailler en permanence face à un CA réfractaire qui ne bataillait pas moins qu’elle en opposant systématiquement des détails réglementaires à des fins d’obstruction et dans la droite ligne de l’esprit statutaire de l’Union. De tout cela, rien de constructif ne pouvait apparaître.

Au final, la réforme projetée a accouchée d’une souris, l’ex présidente a été mise en minorité pour cause de déviationnisme et une équipe plus « conforme » a pris les commandes de l’association nationale.

Ce nouveau bureau est dirigé par Joël Belleney, F1DUE, discret élément des rouages de l’Union depuis sa création, et qui a d’emblée affirmé qu’il respecterait à la lettre les statuts fondateurs de 1993 : la réforme est donc mal barrée !

F1DUE fût un des hommes lige de F5GZJ, et sa particularité première est l’invisibilité : je ne dis rien, je ne pense rien. Une compilation de ses réussites au sein du REF-u depuis 1993 ne devrait pas tenir trop de place dans ses futures mémoires.

Le nouveau président vient de publier son premier édito dans Radio-REF et le moins qu’on puisse dire est qu’il ne respire pas la hardiesse : c’est une collection de vœux pieux qui vise en fait à assurer la continuité d’un système pourtant défaillant. Aucune des réformes préconisées par le Refuthon et le rapport d’audit ne transparaît entre les lignes, le concept même de réforme n’apparaît nulle part. Quant au fameux « 1 OM = 1 voix », autant dire qu’il passe par profits et pertes.

Du coup, j’ai le net sentiment que la réforme qui est indispensable pour la sauvegarde du radioamateurisme français risque de rester dans les limbes cérébrales de quelques optimistes. Nous aurons un premier élément de réponse au vu de la réaction de cette nouvelle équipe composée d’anciens joueurs face à la réclamation d’une AG extraordinaire en application de l’article 18 de ces fameux statuts : ce sera un premier test intéressant.

En conséquence de ce qui précède, le REFUTHON cesse d’exister officiellement dès aujourd’hui, dans le respect de ses engagements clairement exprimés dans son document initial de mars 2009 : « Le Refuthon ? Mais c’est très simple ! ». En effet, notre appel aux soutiens se fondait sur le principe que nos 5 propositions pourraient être mises en pratique, au moins partiellement, et sans occulter les difficultés que cela représenterait :

« Les propositions ne pourront pas être mises en pratique ? Il y a en effet un risque : celui du poids des habitudes, en particulier au niveau du CA du REF-Union et des CA des établissements départementaux. Pourtant, l’arrivée de Betty MAGNIN, F6IOC, au poste de présidente, laisse penser que des évolutions importantes sont envisageables à la lecture de ses divers éditoriaux et messages. Or, elle semble parfois manquer de supporters au sein du CA. Le REFUTHON entend lui manifester le soutien et les encouragements des radioamateurs « de l’extérieur ». Le REFUTHON s’adresse bien entendu aussi à tout responsable du REF-Union, national ou local, qui ne serait pas réfractaire aux changements proposés. »

En ce mois de juin 2010, soit un an plus tard, Betty MAGNIN n’est plus présidente et son successeur vient de démontrer en quelques semaines qu’il était non seulement réfractaire aux changements proposés mais aussi un fervent défenseur du mode de fonctionnement du REF-Union initial. Le Refuthon n’a donc plus lieu d’être face à une telle situation.

Néanmoins, l’esprit qui a animé le Refuthon et tous ses soutiens, se doit de subsister. Contrairement aux oiseaux de mauvais augure et autres donneurs de leçons qui hantent le net, je n’ai qu’un seul message à faire passer : conservez votre esprit critique, donnez votre avis, n’acceptez pas l’inacceptable. Faites valoir votre différence d’appréciation et jugez par vous-même : les avis pré mâchés sont souvent indigestes.

Le fait que l’équipe dirigeante du REF-u ait changé, et que la nouvelle « dream team » semble issue de la tendance « canal historique de l’union », ne modifie en rien la nécessité de réformer le « machin » en profondeur.

Merci à tous les soutiens de s’être « mouillés » pour une juste cause. Un merci tout particulier à ceux qui m’ont aidé à « piloter » le navire du REFUTHON et qui ont toujours répondu présent lors des avis de tempête : il n’y avait rien à gagner à titre individuel, ils le savaient, ils étaient là, ils sont restés jusqu’au bout.

Et de l’indulgence pour les rares qui ont rapidement pris un canot de sauvetage pour s’éloigner à la godille, même si parmi eux figurait un ou deux traitres mais pas plus.

Puisse l’avenir proche nous montrer le redécollage du radio amateurisme français !

73′ à tous.

Bernie Beauchet

F6HQY