Il y a des choses intéressantes dans cette chanson de geste, mais il faut ici donner quelques éléments tirés des grimoires et des parchemins, afin d’étoffer l’histoire et la compréhension des fidèles de l’église royale qui le liront en cachette sous le manteau sous peine d’excommunication.

Les « cochons de Paris » fut le nom donné aux seigneurs de Paris par la Cour du Roi Jean en l’an 1005.

L’on sait, d’après des documents d’archives précieusement conservés, qu’ils furent appelés ainsi après avoir détrôné Jacurs, l’obscur homme de paille qui faisait office de chancelier de Paris au service du Roi Jean.

Chaque année, lors de la fête locale, Jacurs donnait grand festin pour les seigneurs de Paris en leur demandant à cette occasion de faire allégeance au roi Jean.

Le soutien des seigneurs de Paris était utile à l’administration royale, car ces seigneurs combattaient en grand nombre sous la bannière du roi Jean lors du tournoi annuel du royaume de France.

Paris était important pour que le roi Jean fut élu car l’on y comptait alors 117 soutiens sur les registres apportés par l’administration royale.

Mais en l’an 1005, les seigneurs de Paris avaient décidé de reprendre leur liberté.

Ayant eu vent de cette révolte par ses espions, le roi Jean décida de venir assister à la cérémonie d’allégeance des seigneurs lutéciens, non pas que sa présence serait déterminante mais parce qu’il avait une autre idée en tête.

Les choses se passèrent comme il le pensait. Il fit d’abord bonne figure et semblant de chercher à rallier les seigneurs de Paris opposants. Mais les seigneurs n’étaient que clameurs et invectives.

Le roi Jean et son chancelier ne s’attendaient pas à l’attaque qui eu pour point de départ la liste des invités au festin lutécien.

Sur les 117 noms fournis, seuls 82 étaient réellement des seigneurs des ondes et seuls 77 de Paris car 5 n’étaient pas lutéciens et avaient été ajoutés par l’administration royale. On notait aussi 17 auditeurs de Paris sur cette liste royale .

Surtout les seigneurs de Paris avaient découvert que se trouvaient sur cette liste royale 18 noms, ajoutant 20% d’inscrits aux 92 âmes de Paris, correspondants à des églises, des monastères, des échoppes et autres lieux de commerce en relation avec l’administration royale.

Les services du roi avaient bien travaillé depuis l’an 994, année de promulgation de la nouvelle charte de l’union du royaume de France, qui lui donnait tout pouvoir d’inscrire les noms des invités à chaque festin local du royaume.

C’était la règle de la majorité qui prévalait. La grande charte royale indiquant par là qu’il fallait 59 soutiens à Paris pour remporter les 117 inscrits qui viendraient alors gonfler le rang des soutiens au roi Jean lors du grand tournoi de France.

L’administration royale pouvait ainsi déjà compter sur 18 officines et 5 seigneurs non lutéciens, soit 23 soutiens (39%). Il ne manquait plus au maximum que 36 soutiens pour gagner soit le tiers des seigneurs et auditeurs de Paris réunis. Comme tous ne venaient pas ou ne donnaient de pouvoir, cela faisait que le nombre de soutiens nécessaires à l’administration royale s’abaissait arithmétiquement. Autant dire que c’était joué d’avance à chaque fois.

D’avril à octobre 1005, il fallut plusieurs grandes batailles pour que les seigneurs de Paris retrouvent leur indépendance et approuvent leur nouvelle charte qui boutait le Roi Jean hors de Paris.

Le roi Jean remercia son chancelier Jacurs déchu en le nommant secrétaire à la Cour de Touraine. Il ne montra pas à ses conseillers qu’il préférait en fait voir les seigneurs de Paris hors du royaume plutôt que de servir les intérêts d’un prétendant au Trône.

De plus il économisait environ 250 écus du Trésor en ne versant plus l’obole de misère qui contribuait à peine à financer le festin annuel d’allégeance. C’est toujours cela de pris, pensait-il !

Il décida d’ignorer Paris désormais, non sans avoir pris quelques précautions de Droit dans l’écriture d’autres chartes locales afin que l’exemple de Paris ne donna pas d’idées aux autres seigneurs du Royaume, bien trop éloignés de la Francilie pour en saisir toutes les subtiles arcanes.

Ainsi se joua à Lutèce les luttes de pouvoir au royaume de France en l’an 1005.

Le roi Jean eu pour successeur une reine vite éliminée, un roi dont on ne se souvient pas du nom mais que du surnom « le taiseux », puis un autre aussi obscur surnommé « le barbu ».

En 1012, sous la pression de certains seigneurs de langue d’Oc, qui prétendaient à plus de pouvoirs, le conseil étouffa la révolte en proposant une nouvelle charte écrite par ceux qui avaient imaginé celle de l’an 994. On y trouve toujours le moyen pour le roi de nommer qui bon lui semble à son conseil. Peut-il en être autrement pour tout pouvoir royal ?

D’autres troubadours chanteront une prochaine fois ce qu’il advint du royaume de France.

73 Laurent F6GOX

Note de F6HQY : trop bon !