Et oui, revoilà l’URC ! Celle-ci fait en effet la « une » du dernier numéro (que vous pouvez lire ICI) de « Radioamateurs France ».

Ha ! L’URC… Cent fois au plus mal mais toujours là ! Aux origines, cette association (L’Union des Radio-Club me semble-t-il) a été créée par des dissidents du REF – et oui, les querelles d’égo faisaient déjà rage à cette époque comme quoi nos néo-despotes actuels n’ont rien inventé en la matière. L’URC a ensuite connu plusieurs époques dont on retiendra celle de la mainmise de celui que j’avais un peu hâtivement surnommé « Saisine Man », celle aussi du renouveau initié par F5RCS – avec mise au rencard de « Saisine Man » ou encore celle – plus récente – de la simple survie avec F6HBN.

Notons quand même que quelle que soit l’époque considérée, une chose est patente : l’URC n’a jamais réussi à décoller en terme d’effectifs, quels que soient les arguments –  pourtant intéressants du temps de la mue entreprise par F5RCS – proposés.

En fait, et je l’ai toujours pensé, je suis convaincu que le « vivier » radioamateur national est bien trop limité pour offrir une certaine viabilité à plusieurs associations d’envergure nationale, excepté le cas de la FNRASEC qui a réussi à s’implanter en se positionnant sur un créneau différent, tellement différent même qu’on peut légitimement se demander si cela a toujours quelque chose à voir avec le radioamateurisme…

Au final, on se retrouve avec une association nationale incontournable (Le REF) dont le fond de commerce est assuré par le service QSL, la représentation IARU et… le poids de l’histoire. En terme d’effectif, c’est la plus grosse association mais si on creuse un peu la stratification de ses membres, on constate que la majorité n’est pas constituée de radioamateurs actifs mais plutôt de tenants du reflexe pavlovien qui veut qu’on prenne sa cotisation par habitude. Pour ceux-là, il y a la visite des tombes lors de la Toussaint, la cotisation au REF, le cadeau de noël aux petits enfants puis la galette des rois. C’est comme ça tous les ans et il n’y a pas de raison que cela change…

Pudiquement, je n’évoquerai pas la classe d’âge dans laquelle se situe le radioamateur moyen mais bon, vous m’avez compris… Bien sûr, on nous parle pour contrecarrer cette image vieillotte, des Hyperistes, de l’EME, des bricoleurs de génie qui construisent eux-mêmes des RIGS à faire pâlir d’envie Monsieur Icom lui-même… Mais combien sont-ils, au final, ces as du fer à souder et du CMS réunis ? Bien peu… En fin de compte, la situation peut se résumer ainsi :

– peu de radioamateurs en France comparativement à nos voisins,

– une majorité d’iceux ne fait plus rien du tout depuis longtemps et ils seraient bien en peine de retrouver le carton dans lequel est précieusement serré le merveilleux FT 250 de leurs années de gloire,

– dans ce qui reste, le maigre bataillon principal est constitué de « néo-communiquants » plus friands de QSL que d’articles techniques,

– le solde est, pour sa part, composé de « techniciens » chevronnés qui aiment autant le fer à souder qu’ils méprisent les autres…

– le « vivier » potentiel, quant à lui, est constitué d’impétrants dont l’envie de licence est inversement proportionnel au travail qu’ils sont prêts à y consacrer.

Tableau assez déprimant, vous en conviendrez, mais tout va changer incessamment sous peu et peut-être même avant car l’URC (j’y reviens) va entamer sa énième mue. Et cette fois, on va voir ce que l’on va voir car l’opération va être pilotée par… F1PSH herself ! La passionaria enfin à la manœuvre ! On peut d’ores et déjà affirmer que les statuts de l’URC vont être passés à la moulinette et que pas une seule virgule ne va dépasser du texte ! Si on regarde d’un peu plus près qui fait partie de ce CA new look, on constate que celui-ci est essentiellement composé de farouches opposants non pas au REF – je ne leur ferai pas ce mauvais procès – mais à l’équipe qui le dirige, ce qui promet en terme de communication entre les deux structures… Je pressens que la tutelle va faire son miel de cette rivalité histoire de continuer à nous entuber… Je suppose également que notre ami Dan et ses coreligionnaires de « Radioamateurs France » sont aussi du voyage même si leur engagement reste pour l’heure discret. Ils doivent attendre de voir si ça marche avant de se dévoiler… En tout cas, que des amis de Prof l’Expert & Co. Monsieur D. aura intérêt à ne pas les placer côte à côte lors des prochaines réunions au ministère car les bons mots vont fleurir…

J’ai parcouru le programme d’action de l’URC (voir PDF en lien) qui ne me choque pas le moins du monde et qui se propose de faire mieux que le REF en tirant parti des points faibles de ce dernier (image, communication… ce qui est de bonne guerre) tout en essayant une nouvelle fois de lui chiper son fond de commerce (les QSL).

Tout en ayant présent à l’esprit mon pré requis de départ (il n’y a pas la place pour deux associations de portée nationale concourant aux mêmes objectifs ce qui veut dire, en creux, que la réussite de l’URC dans son OPA ne pourra se faire qu’en vampirisant le REF), je pense que c’est une bonne chose que l’URC remette les gaz. D’une part parce qu’il en ressortira nécessairement une saine émulation qui poussera le REF à œuvrer dans un sens plus proche de ce que veulent – à tort ou à raison – les radioamateurs nationaux. D’autre part car F1PSH (qui nous abreuve de conseils avisés depuis longtemps et distribue les bons et mauvais points en matière de gestion) dispose pour la première fois d’un appareil pour mener la « politique » qu’elle estime être la bonne. Sa situation est d’autant plus idéale qu’elle n’a pas de coups tordus internes à prévoir à court terme – une de ses spécialités lorsqu’elle siégeait au CA du REF-u –  car son CA est composé de « fidèles », et qu’elle a donc les mains totalement libres pour innover et faire avancer le radioamateurisme national vers des lendemains qui chantent.

J’ai laissé du temps au REF-u pour opérer sa transition démocratique qui avance cahin-caha, et j’en laisserai tout autant à l’URC pour mener à bien sa politique. C’est bien le moins.

Nous verrons donc dans un an ou deux ce qu’il advient de cette OPA car, comme il se dit en Limousin, c’est à la fin du marché qu’on compte les bouses !

Pour commencer, que l’URC indique combien elle a de membres aujourd’hui et nous suivrons la progression d’iceux dans les mois et années qui viennent.

En voilà un bon indicateur qu’il est bon ! Imparable, même…